|
Robert de la Marche, étant décédé en septembre de la même année, fut inhumé dans le choeur et sa pierre tombale le représentait en habit sacerdotaux, les pieds étendus vers l'autel, avec comme épitaphe " Ci-gît Robert de la Marche clerc jadis de Saint Roy Loys, qui en l'honneur de Dieu et du Saint Roy Loïs fonda cette église... ". L'église renfermait également les tombes de Marie Chidé, dame de Lestendu, de son époux le chevalier Guillaume de Tunberel et de Clémence de Cyni morte en 1300.
Comme beaucoup d'autres églises, celle de Garches fut affectée le 17 Brumaire an II au culte de la Raison et en devint le Temple, dont on fêta l'inauguration le 20 Nivôse, un banquet fraternel y ayant lieu à cette occasion, avec chants et danses.
Le 11 Prairial an III (30 mai 1795), la Convention nationale ayant rétabli le libre exercice du culte, cette loi fut publiée à Garches le 10 Messidor au son du tambour, sur les 50 citoyens s'étant présentés pour demander la réouverture de l'église, ce fut le citoyen Ch. Prozelle, rangé dans la classe des " prêtres fonctionnaires " qui demanda à " exercer le culte catholique conformément à la loi ".
Le 24 Prairial an IV, l'Administration municipale du canton de Sèvres prit en considération la demande faite par la Municipalité et décida que le corps de garde serait installé sous le porche de l'église et que les actes civils seraient dressés dans la chambre située au-dessus avec un cabinet où étaient contenues les archives de la commune.
A la suite des combats, lors de la guerre Franco-Allemande de 1870-1871, qui se livrèrent aux environs de Garches (et notamment de la bataille de Buzenval le 19 janvier 1871), l'église se trouva démolie, avec son clocher écroulé et il devint impossible, lors du retour des habitants qui avaient été évacués, de songer à l'utiliser pour l'exercice du culte, même après réparation.
Les cérémonies se firent d'abord dans l'un des bâtiments de la ferme de Villeneuve-l'Etang qui avaient été respectés (inclus actuellement dans l'annexe de l'Institut Pasteur), tandis que le château (résidence impériale) était complètement détruit. Puis une petite chapelle en planches fut élevée sur la place, près d'un baraquement logeant ceux des habitants n'ayant pu s'abriter dans les maisons encore utilisables.
La question de la reconstruction de l'église amena par la suite un conflit aigu entre la Municipalité d'une part, l'Evêché, le nouveau curé, le Conseil de fabrique et l'Architecte diocésain d'autre part. Le Conseil municipal, dans le but de dégager les écoles voisines de l'ancienne église, voulait construire la nouvelle, plus grande, dans un terrain attenant à la place publique. Par contre le curé, soutenu par son évêque, tenait absolument à l'ancien emplacement, et se montrait d'autant plus intransigeant qu'il avait réuni personnellement, grâce à ses démarches, une somme importante, destinée à cette reconstruction. Finalement, après de longs pourparlers, on décida de conserver l'endroit qui avait vu s'élever la première église française consacrée à Saint-Louis et l'on se contenta d'augmenter la surface du terrain pour dégager à la fois l'école et la mairie. Mais les discussions recommencèrent quant à l'emploi des crédits et à la surveillance des travaux ; il y eut poursuite au Conseil de Préfecture, le Conseil Municipal faillit démissionner et ce ne fut qu'au début de 1878 que tout finit par s'arranger. La reconstruction du clocher qui n'avait pas été prévue primitivement fut décidée et c'est ainsi que les Garchois eurent leur église bien complète, telle qu'elle est restée jusqu'à présent.
Les dons ne manquèrent pas afin de permettre l'aménagement et l'ornementation intérieure : chaire à prêcher offerte par Madame Clausse, grand tableau de Saint-Alban, exécuté par R. Ravaud, vitraux donnés notamment par la Confrérie de l'Enfant Jésus et par Mademoiselle Marthe Dubois, où se retrouvent entre autres les figures de cette dernière et de l'abbé Richard, curé, etc.. La Maréchale de Mac-Mahon fut marraine de l'une des cloches.
L'église Saint-Louis, aujourd'hui |